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Artemoff biographie par Marie Artemoff-Testa (suite)

1945

Le 3 juillet 1945, naissance de leur fille Maria Gueorguievna Artemova. Après les années de guerre Georges Artemoff se tourne presque exclusivement vers la peinture.
Géraldine Balayé, journaliste de la radiodiffusion française et professeur au Conservatoire National lui consacre un article intitulé « Un peintre de la Libération ». Géraldine fait découvrir l'œuvre de Georges à son amie Nancy Cunard qui vient de publier un recueil sur les poètes anglais de la résistance française. Il refuse l’invitation par Staline de diriger l’Ecole des Beaux-Arts à Rostov sur le Don (34).
Cependant son amie Julie de Reitlinger (35), accepte l’invitation du retour en URSS et dès son arrivée est privée de travail et envoyée à Tachkent. Elle réussira cepandant à la fin de sa vie à peindre quelques icones. Leur ami Semianosky connaîtra le même sort dès son retour.

1946

Exposition du 4 mai au 12 mai 1946 la galerie Oeuillet à Toulouse. Exposition à la galerie Henri Gaffié à Nice (36).
Georges Artemoff retrouve ses amis Tsevolod et Nadine Obolensky. Tsevolod est sculpteur, il a commencé la sculpture avec Georges. Ils se rendent souvent chez Gaston, à la Tamarissière, au Grau d'Agde. Georges est invité souvent au Domaine de Coussergues pour chasser la bécasse et monter à cheval chez la baronne de Sarret, sa fille Germaine de Sarret vient à Sorèze prendre des leçons de peinture.
Georges Artemoff expose régulièrement à Nice, Cannes, Montpellier et Carcassonne et se lie d'amitié avec le poète Joe Bousquet qui écrira un grand texte sur sa peinture.

1948

Juin 1948, sur intervention de Jean Cassou, directeur du musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Georges Artemoff est naturalisé français.
Exposition à la galerie du Pont des Arts à Paris chez Lucie Weill.

1949 à 1951

Le 30 mars 1949, achat d'un tricycle Koellier Escoffier qu'il fait carrosser et qu'il baptise Mustang, qui lui permet d'aller à la chasse et au bord de la mer. Ils passent régulièrement leurs vacances à
Lencastre à St Ferréol dans la maison de famille de Jeanne. Georges chasse souvent dans la Montagne Noire en emmenant avec lui sa fille Marie.
Achat en 1951 d'une toile par le musée d'Art Moderne de la ville de Paris (37).
Georges réalise toute une série de portraits au crayon de Dom Clément Jacob à l'église St Félix du Lauraguais.

II peint des paysages de Méditerranée. Il va à Sète chez Attila au Mont Saint Clair, voir son ami François Desnoyers.
II peint des natures mortes aux poissons et quand il n'a pas de vrais poissons il en découpe dans du papier de couleur. Il loue un pied à terre à Bouzigues au bord de l'étang de Thau. Georges a un bateau « La Biche » qui a été acheté grâce à la vente d'une biche sculptée. Il réalise le «Portrait d'Henri» (38) d'Antoinette et de Teresita.
Georges Artemoff pêche sur l'étang de Thau et c'est au bord de l'étang qu'à l'occasion du tournage d'un film avec Daniel Gelin, Belinda Lee etc. il revoit pour la dernière fois son ami Serge Pimenoff.

1952
Installation à Revel dans la maison de Jeanne, rue Notre Dame. L'atelier de Georges est installé l'hiver dans une grande pièce au premier étage qui donne sur le jardin et l'été dans la véranda.



artemoff



Exposition à la galerie Chape Lautier à Toulouse.
Exposition à la galerie Les Mages à Vence.

1953

Exposition à Paris, chez Jeanne Castel, rue du Cirque (39).

1954

Exposition au Salon des Beaux-Arts de Canne (40).
Exposition à Paris chez Gérard Mourgue.

1956

Achat par la ville de Lyon pour le musée des Beaux-Arts, Palais St Pierre, d'une toile (41).
Exposition en novembre à Carcassonne.
Achat par Gaston Poulain d'une toile pour le musée Goya à Castres (42).

1957

Exposition chez Simone Boudet, à la joie de Lire, à Toulouse. Christian Schmitt réalise deux émissions de radio sur Georges.

1958

Achat par Gabriel Couderc pour le musée de Sète d'une toile.
Exposition chez Gérard Mourgue avenue de l'Opéra à Paris (44).
Exposition à la galerie Art de France à Cannes.
Exposition Richesses du Tarn à Réalmont de juin à octobre (45).
En novembre son exposition inaugure la galerie St Jean à Montpellier, avec quarante cinq toiles (46).

1960 à 1961

Exposition chez Gérard Mourgue avenue de l'Opéra à Paris .
Achat par le musée d'Art Moderne de la ville de Paris d'une toile (47).
Exposition chez son amie Simone Boudet, à la Joie de Lire, à Toulouse.
Son exposition inaugure la galerie Mistral à Carcassonne.
Rencontre à Toulouse, avec Jean Dieuzaide photographe, Kablat peintre, Robert Pages sculpteur, Christian Schmitt, chez Simone Boudet. Il a enfin trouvé chez Simone une amie à qui il accorde toute sa confiance et Simone toute son admiration.

1962

Le 18 novembre, Michel Roquebert réussira, dans son interview de Georges Artemoff pour la Dépêche du Midi, (48), à apprivoiser Georges et à faire raconter par Georges sa vie en Russie et en France.
Jean Dieuzaide réalisera toute une série de photos des deux dernières expositions de Georges en 1962 et en 1964 avec Yankel (fils de Kikoïne), Balbino Giner et Jean Emile Jaurès.

Les dernières années

Sa vie à Revel dans les dernières années sera jalonnée par les accidents
de santé, il souffre de plus en plus de sa blessure de guerre. Il ne pêche plus et ne chasse plus après la mort de son Setter irlandais Lell, il n'a plus aucune nouvelle de sa famille russe (49).
Alors l'enfance dans le Don revient, « Les Cavaliers» sont peints en écoutant la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. Nostalgie du pays natal perdu (50) atténuée seulement par la présence de ses modèles : Françoise qui partage sa passion de la lecture et de la musique, Rolande qui représente le souvenir de ses études à Rostov Nakhitchevan, Arlette qui est là depuis Sorèze, Jacqueline et des gitanes fantaisistes et présence admirative et complice de Serge qui deviendra professeur de sculpture et qui continuera après la mort de Georges en classant, archivant photographiant l'œuvre de son ami.




artemoff

 

1965

9 Juillet1965 décès de Georges Artemoff à Revel après une dernière maladie, à soixante treize ans.
Inhumation au cimetière de Vaudreuille auprès de Lydia.

Maria Artemoff Testa

 

Notes

(1) Il est noté dans le Livret militaire et le livret de mariage avec Lydia Nikanorova que Georges Artemoff est né le 17 février 1892 selon l'ancien calendrier auquel il faut ajouter 13 jours, d'autre part, Georges Artemoff modifia son année de naissance, il s'est vieilli pour s'engager en 1914 et il s'est rajeuni pour épouser Jeanne Astre, la seule certitude que nous ayons est sa première exposition à l'âge de 16 ans.
(2) Date sur l'acte de décès de la mairie de Revel.
(3) "J'ai toujours réfusé d'être embrigadé" Georges Artemoff.
(4) G. Alimourzaeva, Conservateur Musée des beaux-Arts Rostov
(5) L'Age d'or des Société Artistiques de Russie de d'URSS 1820-1932, Ed. Tchemychev, Peters bourg, 1992.
(6) Le journal Priasovsky de la contrée d'Azov écrit: « La gamme des couleurs est parfois très vive mais les couleurs se combinent harmonieusement, aucune touche n'agace
ni ne sonne faux «
(7) L'historien d'art N. Lavrovsky écrit à ce propos: Certes on présumerait du caractère de l'œuvre de ce jeune peintre talentueux. Il est encore trop tôt pour en parler ».
Les tableaux de Georges Artemoff recueillis ces deux dernières années témoignent de ce que le peintre est sur le bon chemin et comprend bien la destination de l'art.
La couleur domine toujours dans ses tableaux et pourtant cela ne veut pas dire que le dessin en souffre. Les tâches de couleur harmonieusement combinées constituent un dessin. Le trait et la couleur ici ne vivent pas séparés mais un pont un tout unique. »
(8) N. Lavrovsky qui suit avec intérêt l'évolution du jeune peintre dit de lui: «C'est un peintre très doué ".
(9) «L'association qui aurait pu octroyer cette bourse se nommait La Société Moscovite des Amis de l'Art ".
(10) Quand Georges Artemoff arrive en France, il connaît déjà très bien Stanislavsky, ami de sa mère et Serge de Diaghilev.
(11) «J'ai perdu ma technique et je me suis senti complètement déraciné », Georges Artemoff interview de Miche! Roquebert, 18 novembre 1962
(12) « Vous comprenez si le marchand vous dit vous faites très bien les roses. Il faut faire des roses. Vous faites vingt toiles de roses par mois. Je n'ai pas voulu. J'étais libre, j'avais de l'argent. Je n'avais plus besoin de passer par là. Pourtant voyez-vous on a besoin de marchand pour arriver ». Georges Artemoff interview de Miche! Roquebert,

(13) "le cubisme m'a bouleversé, mais je ne voulais pas le suivre, je n'ai jamais été cubiste ». Georges Artemoff interview de Miche! Roquebert, 18 novembre 1962
(14) Livret militaire 7914 de Georges Artemoff
(15) Le Monde de l'art de Petrograd »
(16) En juillet 1916, avec la famille de Pompignan à la Chaudarue à Bourg Saint Maurice chez madame Coufourier.
(17) «En dépit de l'absence d'un grand nombre de peintres qui comme M. Bobritzky, bien connu du public par ses décors pour les ballets russes, ont déjà quitté notre ville.
Cette nouvelle exposition offre une collection d'œuvres aussi variée qu'intéressante et permettra aux connaisseurs d'art de juger des progrès toujours croissants - et à quel prix - par les courageux artistes»» les miniatures persanes de M. Sabarteff. Plus loin notre regard est charmé par le coloris brillant et harmonieux des œuvres de M. Artemoff un impressionniste talentueux et d'avenir, Il y a aussi M. V Ivanoff M. Bortscheff M. Ismailovitch, M. Kalmikoff, l'académicien M. Becker, M. Tchetchett, M. Peroff, M. Morassoff, M. Lebédeft, l'architecte M. Doubinsky qui présente plusieurs projets de constructions monumentales ». Pour conclure le journaliste ajoute : « Les artistes russes, privés de leur patrie, se réfugient dans le domaine de l'art s'appliquant à sa conquête au prix d'une lutte ardue pour leur existence. Oublions nous aussi, pour un instant les soucis de la vie si trouble de nos jours que nous traversons pour aller rendre justice à cette conquête pacifique, la plus belle de toute ".

(18) "J'allais les chercher à La Rotonde et tous ceux qui avaient besoin de travail venaient travailler. Artemoff est venu souvent, il habitait alors à la Ruche avec Soutine, Nikanorova et Iglessis"
(19) Cinéaste de Ciné Alliance Film
(20) avec Nina Gronsky, B. Zakharoff, Boudovskaia, Kibalteniov Nadine, Basile Poustochkine, Brossen Plianska ïa, Leonid Kousmine, Sandro Minervine, Mamatian dit
Benatov Leonardo gendre de Maliavine, N. Ivanov, F. Maliavine, V. Isdebsky, S. Karsky, V Garine, A. Pankoff
.
(21 ) « J'étais heureux là-bas « disait-il à sa fille Marie. Le souvenir de cette phrase a été le vecteur de recherches en Corse en 1990 et l'occasion de retrouver ses amis, leurs
enfants, et sa vie avec Lydia.
(22) La biche est sculptée dans un bois exotique d'Indochine dans lequel il trouve une balle et donne le titre de Biche blessée à la sculpture.
(23) Ses œuvres sont reproduites dans le livre « La sculpture moderne" de Charles Moreau « ainsi que dans « La Revue de l'Art Russe à Paris»

(24) Aux Animaliers, il expose avec Guyot, Jouve, Pompon, Sandoz...
1932 Salon des Artistes Décorateurs, 5 mai 9 juillet, Poisson, Mouflon ancienne galerie Edgar Brandt Salon des Artistes Décorateurs, 3 mai 74 juillet 1935 Bois sculpté, coupe exotique, ronde bosse
En 1933, un oiseau sculpté en bois forme une coupe à fruits.
En 1934, George Artemoff expose aux Animaliers: "L'homme et la bête", «Gazelle", "Biche", « Poisson St Pierre", «Héron ».
(25) Jeanne Astre, artiste peintre (1901-1993) et Julie de Reitlinguer, peintre et iconographe (St Pétersbourg 1898- Tachkent 1988), sont amies depuis leurs études chez Maurice Denis, théoricien du mouvement nabi et fondateur des ateliers d’art sacré.
(26) n°4 poisson bois sculpté en noyer, n°5 poisson bois des colonies française, n° 6 Poisson enchanteur », bois sculpté des Colonies Françaises, appartient au musée du jeu de Paume, n'°7 Daurade «, n'°7 Dorade et corbeau »', n'°9 Esturgeon panneau décoratif peinture à l'huile, n° 10 étude au crayon gras. Lydia expose: n° 123 projet de mosaïque, n'°124 Etude de ce projet, n° 125 Nature Morte, n'°126 Nature Morte aquarelle.
(27) Il fait le portrait de Françoise portant la chemise bleue de Lydia et dont il disait qu'elle était « belle comme une dieuse" et Lydia fait le portrait de Perlette autre nièce de Jeanne.

(28) Tableau qui se trouve actuellement au musée Fabre de Montpellier.
(29) Toile visionnaire représentant Jeanne avec un bébé dans les bras. La robe rouge est en référence à la culture russe de la plus belle couleur. En russe ancien, rouge et beau
se disent de la même manière. C'est aussi dans la symbolique les couleurs des icônes la couleur de la vierge.
(30) Grâce au directeur des Beaux-Arts, M. Descaussy qui est son ami. Il va aussi souvent voir à Sète son ami le peintre François Desnoyers.

(31) Paysage avec le château de Saissac sous un ciel d'oarage et dans le coin gauche en bas de la toile un petit rectangle: la tombe de son chien Couscous.
(32) «plus qu'un ami, un frère » disait de lui Georges Artemoff.
(33) Moyennant quelques cadeaux de la famille Get: bouteilles de Pippermint Get, draps brodés Get.
(34) Car il n'a pas envie de réaliser des portraits grandeur nature jusqu'à la fin de sa vie, écrira Georges Artemoff
(35) Devenue sœur Jeanne en religion orthodoxe.
(36) Où Georges Artemoff présente une vingtaine de toiles, telles que «Le jeune catalane», «Faisan à la cartoucherie", « Les moissonneuses», «Femme aux gants rouges",
«Maternité», «Petrouchka, «Saltimbanque" et quelques dessins.

(37) "La pêcheuse" toile exposée en 1948 à la galerie du Pont de Arts à Paris.
(38) Au musée de Sète.
(39) C'est dans un article du journal des Arts que la comparaison entre ses œuvres et les plaques d'or des Scythes est faite. Malraux, non sans raison, a comparé certains
bas-reliefs d'Arternoff représentant des animaux à ces plaques d'or très anciennes appartenant à l'art des steppes «. Il expose aussi une quinzaine de toiles en Haïti,
Maternité bleue », «Jeune homme» et «Jeune fille «, trois nus, «Espagnole au masque », «Maternité et berger" , «Arlequin au verre " etc...
(40) Dont: «3 nus à la coquille blanche'>
(41) «Le Vieux Pierre»
(42) «L'espagnole»

(43) "Tète du jeune pêcheur » qui est le portrait d'Henri à Bouzigues.
(44) Hélène Max à l'AFP international lui consacre 3 pages en anglais et en français.
(45) Il expose « la femme au masque ", « Antoinette ", nature morte aux huîtres, "L 'arlequin » et un poisson sculpté en bois;
(46) Dont « L'homme au perroquet », «Pétrouchka » , « La femme au masque », «L'enfant au canari », « Maternité », "Femme à sa toilette ", « Christ », « Golgotha ",
« Vierge à l'enfant ».
(47) Nature morte qui a été exposée chez G. Mourgue.
49) De nombreux témoignages viennent éclairer cette période.
(50) Il peint alors les Amazones, L'oiseau de feu, le cheval bleu.


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