Raoul Bergougnan

Sous les combles,
1942
Né en 1900 à Toulouse,
Raout Bergougnan s'intéresse très jeune au dessin et intègre
l'École des Beaux-Arts à l'âge de quinze ans, dans
l'atelier de Castex.
À partir des années 30, il expose à la Galerie Chappe.
Après la Libération
il devient professeur de l'Atelier
Supérieur de Peinture à l'École des Beaux-Arts et,
vers 1960, il délaisse « sa création personnelle
pour se consacrer uniquement à son activité de
professeur.
Ses élèves exposent en juin 1970 à la Galerie
Chappe.
Apprécié par
ses élèves, homme discret, il forme jusqu'en 1971 plusieurs
générations de peintre. Jacques Fauché dit
d'ailleurs de lui qu' « il avait une sensibilité tout à fait
extraordinaire de la peinture qui faisait que, quelque soit la tendance
que l'on représentait, il était capable d'apporter sa réflexion
et de nous aider à faire une sorte de
recherche approfondie ».
Il expose pour la première fois à Paris
en avril 1967, à l'occasion de l'inauguration de la Maison de Toulouse-Pyrénées.
« L'artiste à son monde à lui, son univers
propre qu'il délivre et nous révèle par de subtiles
harmonies de gris colorés. À travers un motif urbain
ou une nature morte, composée d'humbles objets, perce un secret état
de sensibilité. État
vécu par le peintre dans le silence de son atelier, et
qu'il nous donne à ressentir
par la sûreté même de son art. »
Ces lignes, écrites à l'occasion de cette exposition, peuvent
qualifier l'ensemble de l'oeuvre de Raoul Bergougnan. Peintre de paysages
languedociens et toulousains, de natures mortes et de portraits, d'une
réalité poétique
apparente qu'il exprime à travers une palette de gris et de gris
colorés ou de chromatismes plus intenses
et sobrement contrastés, une matière discrète et peu
couvrante, dans un style proche de l'aquarelle, aux contours flous et atténués.
Dans ses natures mortes, des objets simples et usuels comme La
bicyclette ou La cravate, un porte-manteau avec Le mannequin et
le lit rouge ou une chambre Sous les combles.

La cravate, 1973
Pour les paysages de Toulouse, « les lueurs matinales ou les
grisailles argentées de giboulées donnent
des lumières instables et changeantes et mettent toutes les choses
dans la transparence de leur fragilité.» Il
peint des quartiers banals de Toulouse, les bords de la Garonne, silencieux
et mystérieux, comme
si le temps s'était arrêté avec Paysage à Toulouse.

Paysage de Toulouse,1971-1973
Il fixe sur la toile, à travers une composition structurée
et colorée, des sensations éphémères
et rares qui confèrent à l'oeuvre toute la sensibilité et
l'émotion. La place du Taureau à Clermont-Ferrand,
une œuvre récente offerte par le Rotary-Club à la Ville
de Toulouse, en témoigne :
« Le dessin des formes respecte [...} le système traditionnel
de la perspective.
Pourtant, par la seule action de la couleur-lumière, le vaste espace
dégagé du premier
plan, en valeurs bleutées et humides et traversées de zones
blondes, semble tomber et
se retourner sur lui-même pour laisser venir à l'avant {...} le coup d'éclat d'un mur
blanc de réverbération et d'une publicité rouge vif.
Ce coup d'éclat se place pourtant
dans la frise de valeurs colorées de l'ensemble des maisons. [...}
Dans sa vision
globale, le paysage se déchire dans cette ambiguïté des
plans réels et des plans
sensibles. » (Denis Milhau, 1973)

La place du Taureau à Clermont-Ferrand,
1972
Maître plasticien, Raoul Bergougnan est devenu un grand peintre de
la poésie triste.
Garance Thouzelier
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