Vous êtes connu comme historien, notamment du catharisme.
Comment êtes-vous devenu critique d'art à La Dépêche du Midi ?
Venant de l'Éducation nationale (j'avais fait une
licence de philosophie et j'enseignais, en intérimaire), je suis
entré comme journaliste à La Dépêche à Toulouse,
en 1955.
J'étais aux informations politiques mais les activités artistiques
et culturelles m'intéressaient, et il m'arrivait de donner de temps
en temps des "papiers" sur des livres,
des écrivains, des musiciens, des peintres.
À partir de 1963,
je ne me suis plus occupé,
pratiquement, que des activités artistiques et j'ai ouvert une chronique
quasi quotidienne, "Au carrefour des arts", dans laquelle je
rendais compte des expositions, des concerts et des spectacles de théâtre
(sauf l'opéra, confié à Charles Mouly).
Dans le même
temps, j'avais commencé à m'intéresser à l'histoire
et, après la sortie de mon
premier livre "Citadelles du vertige" en 1966, j'ai décidé de
me recycler dans l'histoire médiévale
(cours de Philippe WOLFF, à la
Faculté, qui était encore rue Albert Lautman).
En janvier 1968, à ma
demande, La Dépêche crée une Rédaction "Arts
Spectacles" dont la direction
m'est confiée, et je transforme ma chronique en une page quotidienne
tout entière consacrée à la
vie artistique et culturelle.
J'ai alors pour collaborateurs Marie-Louise Roubaud pour tout ce qui est
littéraire, Yves Marc pour le théâtre, Charles Mouly
pour l'opéra, Etienne
Chaumeton pour le cinéma.
J'assure moi-même les concerts et les expositions.
En 1976, à la
page quotidienne s'ajoute un supplément hebdomadaire de quatre pages
qui paraît le mercredi, "Toulouse
Arts- Spectacles".
Les activités artistiques se développant à Toulouse
et La Dépêche s'étant installée au Mirail
la gestion de mon service me contraint à être
de moins en moins sur le terrain : je confie alors la chronique des
expositions à Robert
Aribaut, la musique à Anne- Marie Chouchan (sauf l'opéra
et la danse, que Charles Mouly assure toujours, jusqu'à sa
retraite), les Variétés à Bernard Lescure, et Viviane
Nortier vient renforcer Etienne Chaumeton pour le cinéma.
J'ai quitté La
Dépêche
en 1983 pour poursuivre mes recherches historiques et continuer à écrire
(des livres) et à publier.
Henri Rozès, puis Bernard Lescure, ont pris ma succession à la
tête de la Rédaction
artistique.
Quelles étaient vos intentions en tant que critique d'art ?
Mes intentions en tant que critique d'art faire essentiellement un travail
d'information.
C'est-à-dire, d'une part, annoncer et rendre compte de ce qui se
passait ;
d'autre part situer ce qui se créait à Toulouse (je parle
ici surtout pour les arts plastiques) par rapport à l'évolution
générale de l'art contemporain.
Essayer
de faire comprendre que la peinture, en 1960, ce ne pouvait pas être
seulement celle des peintres du dimanche et de tous ceux qui se retrouvaient
au Salon des Méridionaux ou à celui des Occitans ;
que les enjeux de la
peinture, à notre époque, ce n'étaient plus le bouquet
de fleurs, le portrait du chien à qui il ne manque que la parole,
ou le coucher de soleil sur le lac de Saint-Ferréol.
Ce qui me conduisait nécessairement à mener un combat pour
la modernité (de
même, en musique, pour l'ouverture au répertoire contemporain),
c'est-à-dire à donner
plus d'importance par exemple au salon "Art présent" -
initiative privée
due à Henri Lhong - qu'au très officiel Salon des Méridionaux.
Au total, une activité un peu pédagogique,
qu'il m'est arrivé parfois de prolonger par des conférences
publiques. Bien sûr,
il était difficile de ne pas faire entrer en ligne de compte mes
goûts personnels, mais j'ai toujours
essayé de ne pas les imposer et d'éviter, pour moi-même
d'ailleurs, tout sectarisme j'ai mis autant de passion, je crois, à défendre
un figuratif comme Pradal qu'un abstrait comme Igon.
Je n'ai pas été le critique d'une chapelle
(du moins je l'espère !).
Quel était l'état d'esprit de La Dépêche
du Midi dans ces années-là ? Quelle importance accordait-elle à l'art
et à la rubrique art ?
Assurément, La Dépêche était alors très
attentive à toutes les questions d'ordre culturel.
C'était d'ailleurs une très vieille tradition. Quand je suis
entré à La Dépêche en 1955, il y avait alors
chaque jour en bas de la première page, titrées
sur deux colonnes, d'un côté une rubrique intitulée "Idées
et doctrines", où s'exprimaient
des hommes politiques, desprofesseurs, des juristes, des économistes
etc ; de l'autre "Hommes
et choses", où s'exprimaient des écrivains, ou des journalistes,
sur des sujets littéraires
ou artistiques.
La page 2 du journal était alors largement consacrée à la
suite de ces articles qui débutaient en première page.
Entre
les deux guerres, ces deux rubriques avaient eu des signatures prestigieuses.
En dehors de cela, il y avait en 1955 une page hebdomadaire consacrée
aux livres récents, présentés chacun en quelques lignes,
tout comme les films nouveaux, dans la chronique locale du mercredi.
Pour
le reste, tout se faisait au coup par coup, l'information à caractère
artistique et culturel ayant alors (mais c'est valable pour toute la presse
régionale française) infiniment plus d'importance qu'elle
n'en a aujourd'hui. Je pouvais faire par exemple deux colonnes entières
(et le journal était en grand
format) sur la mort de Bertold Brecht, ou celle Éric von Stroheim,
ou un très long "Hommes
et choses" sur Camus et Malraux (quand le prix Nobel fut donné à Camus,
alors qu'on attendait Malraux...), puis, quelques années plus tard,
une page presque entière sur la
mort de Camus.
Jusqu'aux années 80, un quotidien pouvait se payer
le luxe de consacrer une page entière à un sujet artistique.
Je me rappelle avoir ainsi écrit des pages entières
sur Picasso, sur Chagall, sur le centenaire du Faust de Gounod, sur celui
de l'Olympia de Manet, sur la sculpture du porche de Moissac, sur les Vierges
romanes, sur l'exposition "Les années
folles" que le journal m'avait envoyé voir à Paris,
sur les retables catalans, sur Ravel, sur Eugène Sue etc. Toutes
choses qui sont impensables dans la presse aujourd'hui.
Quand j'ai pris
en mains, pour les regrouper, les organiser et les développer, les
chroniques artistiques, La Dépêche m'a donné la surface
quotidienne de papier que j'estimais nécessaire
(puis, dans un second temps, et en plus, le supplément hebdomadaire)
et m'a permis de choisir mes collaborateurs au sein de la rédaction,
dont deux, puis quatre ensuite, attachés à plein-temps à la
rédaction "Arts-Spectacles". Sur le fond, j'avais carte
blanche absolue, à la
fois pour le choix des articles et pour leur contenu (laissant moi-même à mes
collaborateurs, cela va de soi, une
totale liberté d'expression).
Je ne subissais par ailleurs aucune
contrainte d'ordre publicitaire ou commercial.
Je pense qu'il y a eu un Âge
d'or de la presse artistique et culturelle, qui est loin derrière
nous. Songez qu'il y avait alors trois hebdomadaires nationaux : "Les
Nouvelles littéraires", "Les
Lettres françaises" et "Opéra" devenu "Arts
Spectacles", qui couvraient la totalité du champ artistique
et culturel.
Ils ont disparu et n'ont plus leur équivalent aujourd'hui.
Comment évoqueriez-vous le contexte culturel de Toulouse ?
Les années 1960-1980 ont été marquées
(à mon
sens) par le passage de Toulouse à la modernité.
Il fut essentiellement
l'œuvre, à mon avis,
de personnes comme Henri Lhong, qui créa le Salon Art présent
puis la Galerie L'Atelier ;
Christian Schmidt, peintre lui-même et directeur du Centre culturel
de la rue Croix-Baragnon ; Simone Boudet (galerie La Joie de Lire) ;
Maurice Oeuillet (Galerie Oeuillet) ; Laurence Izern (Galerie Protée,
qui
prit le relais de la galerie de son mari, Jacques Pulvermacher, située
en face) ; et la céramiste Mat, qui créa à Bonrepos-Riquet
la galerie "Terre
d'Ocre".
Et bien entendu Denis Milhau, conservateur du Musée des Augustins,
pour les expositions qu'il organisa, pour son rôle au sein de la
Commission d'achat de la Ville et pour son activité personnelle
d'animateur, de conférencier, de débatteur.
L'art contemporain
trouva un défenseur attentif en Robert Mesuret, conservateur du
Musée
Paul Dupuy, membre lui aussi de la Commission d'achat, et qui ne manquait
aucun vernissage.
Liberto Perez, directeur du centre culturel de 1'ENAC, joua un rôle
important par les expositions qu'il organisait.
Deux remarques sont à faire :
a) Il s'est produit dans ces années un phénomène qui
me paraît avoir disparu : les peintres de Toulouse se connaissaient
tous et se rencontraient de façon
régulière, et rencontraient les peintres qui venaient de
Paris pour leur vernissage.
Ces rencontres n'avaient pas seulement lieu, d'ailleurs, lors des vernissages :
pendant plusieurs années, jusque vers 1975, la brasserie "Le
Bibent", place du Capitole, était
le rendez-vous, tous les jeudis à partir de 18 heures, de peintres
et d"acteurs culturels" d'horizons
divers, et de leurs amis.
On a parlé de ces jeudis du Bibent comme
du dernier salon littéraire
de Toulouse.
b) Les moyens dont je disposais à La Dépêche me permettaient
de faire très largement écho à ce qui se passait à Toulouse,
ce qui ne pouvait qu'attirer l'attention du public.
Je pense que la presse reflétait ainsi le plus fidèlement
et le plus complètement possible, à la fois ce qui se créait
et ce qui faisait l'objet des grands débats
(abstraction/figuration, musique classique/musique contemporaine, théâtre,
mise en scène,
danse, etc).
Je pense que ces deux choses conjuguées, les rencontres entre artistes
et entre acteurs culturels, et l'information suivie, ont contribué à une
certaine effervescence de la vie artistique toulousaine dans ces années
1960-1980.
Que diriez-vous de l'évolution qu'a connu l'art au cours
de ces 15 années ?
On peut dire, globalement, que ces quinze années ont
vu se confirmer les peintres figuratifs les plus âgés, Artémoff,
Bergougnan, Schmidt ;
s'affirmer de jeunes peintres figuratifs, Pradal, Thon, Erpeldinger ;
et enfin Toulouse s'ouvrir à la
peinture abstraite, avec Igon, Pistre (Bordelais, mais plus connu à Toulouse
qu'à Bordeaux),
Kablat, Denax. Sans oublier l'éclosion, en sculpture, d'un magnifique
talent, Odile Mir.
Je ne parle que des artistes qui ont eu (ou ont encore, pour
les vivants) une véritable œuvre,
fruit d'un travail continu,
obstiné, sans rupture, quantitativement importante, et qui ont exposé ou
exposent encore de façon assez régulière ; une œuvre,
donc, qu'on peut suivre.
De tous ceux dont je vous parle, il ne reste que Igon, Erpeldinger et Odile
Mir... Je pense qu'ils tiennent encore une
place tout à fait majeure dans l'art d'aujourd'hui à Toulouse.
Mais ce qui me frappe le plus, c'est qu'il me paraîtrait difficile
de réunir aujourd'hui à Toulouse
dix ou douze artistes vivants du niveau de ceux des années 60-80.
D'après vous comment se situait Toulouse sur ces questions,
comparée à d'autres
villes de province ? Et par rapport à Paris ?
Je ne peux guère que comparer à Bordeaux (j'y ai vécu
jusqu'en 1955, et j'y suis souvent
retourné), où il y avait de bons peintres et même un
groupe dont je venais d'être nommé le
secrétaire quand j'ai quitté Bordeaux pour Toulouse.
Leurs
manifestations étaient plus confidentielles que ce qui se passait
alors à Toulouse.
Le meilleur
figuratif, Jean Hugon, et le meilleur abstrait, Marcel Pistre, avaient
plus d'audience à Toulouse.
À noter
que Bordeaux avait alors un peintre théoricien de l'abstraction
géométrique,
Gay, et que
Toulouse avait aussi le sien, Charles-Pierre Bru (par ailleurs professeur
de philosophie); mais leurs écrits à tous deux, comme leur
peinture, étaient également
très confidentiels.
Il n'y avait aucune commune mesure, en nombre et en qualité, entre
les galeries de Bordeaux et celles de Toulouse. Il y avait cependant à Bordeaux
Molinier, que j'ai connu en 1955 et qui a acquis une réputation
nationale dès qu'André Breton
s'est intéressé à lui, et que le Toulousain Raymond
Borde (fondateur de la cinémathèque, récemment
décédé) a fait réaliser un film sur son œuvre.
Toulouse n'a pas eu une "vedette" de
cette dimension. En revanche, ce qui s'était passé à Toulouse,
mais pas à Bordeaux
(sauf erreur ou oubli de ma part), c'est que des peintres toulousains se
sont installés à Paris
et y ont fait de belles carrières: Marfaing, Jousselin, Patez et
Pradal sur la fin de sa vie.
Par rapport à Paris? Les peintres toulousains ne paraissent pas
s'être
laissés impressionner par les modes successives.
Ni qui auraient
surenchéri sur ce qu'on
pouvait voir d'une Biennale de Paris à l'autre, alors que pointaient
déjà les "installations" qui
font fureur aujourd'hui.
Est-ce le recul qui me donne cette impression,
mais je trouve, rétrospectivement, qu'il y avait, globalement, une
grande indépendance
et une grande sincérité dans la création. Et puis,
le côté amusant
de cette époque c'est qu'on pouvait voir, au gré des expositions,
les émules de tel ou tel, les sous-Schmidt
ou les sous-Igon, ou les
sous-Kablat ; ce qui était en soi assez sympathique, car cela
prouvait bien qu'ils apparaissaient peu ou prou comme des "maîtres" (il
est vrai que Schmidt avait son atelier personnel « les "Peintres
du Mardi").
Je doute fort
que ce phénomène puisse être observé aujourd'hui.
Avez donc été amené à côtoyer
le milieu artistique. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Essentiellement le souvenir d'une grande effervescence, et
d'une émulation.
Il faut dire que je trouvais dans "l'œil du cyclone" :
j'ai reçu
un grand nombre de lettres d'injures, surtout à la suite d'articles
sur la peinture ou la sculpture abstraites.
Je me souviens notamment d'un long article sur Igon qu'un lecteur avait
découpé et
adressé à la Direction
Dépêche en criant au scandale. On me renvoyait parfois mes
articles en écrivant "Au fou !", "À l'asile !"...
Le public réagissait et c'était légitime, dans la mesure
où il était informé.
Les réactions négatives
incitaient à mener
autant que possible une action pédagogique, par l'écrit (il
fallait des articles qui ne se contentent pas de juger, mais qui essaient
d"expliquer") et par les conférences, voire par
de simples rencontres informelles comme Schmidt en suscitait au Centre
culturel à la
faveur des expositions qu'il y montrait.
Les principales galeries (Oeuillet, La Joie de Lire, Terre d'Ocre à Bonrepos-Riquet,
Protée, et surtout l'Atelier de la rue des Blanchers) étaient,
les soirs de vernissage, de véritables « salons » où l'on
parlait vraiment peinture...
Je me souviens de quelques mémorables
engueulades sur tel ou tel tableau...
Y-a-t’il eu des expositions qui vous ont particulièrement
marquées et pourquoi?
Avez-vous soutenu en particulier des artistes ou des lieux d'exposition?
Ces deux questions sont liées.
Certaines expositions
d'artistes toulousains m'ont d'emblée plus frappé que d'autres.
Ce fut notamment le cas d'Artémoff,
Schmidt, Igon, Pradal, Kablat, Erpeldinger, Thon, Denax, ou du Bordelais
Marcel Pistre.
Je les ai soutenus, dans la mesure où ils exposaient
assez régulièrement
et où l'on pouvait donc suivre leur
carrière ; et dans la mesure où ils me paraissaient
(à tort
ou à raison) plus intéressants que d’autres, par leur
constance au travail et par leur talent, j'étais
amené à parler d'eux plus souvent et plus abondamment que
des autres.
D'autant que les contacts personnels noués avec eux
(du fait de l'intérêt particulier que je portais à ce
qu'ils faisaient), et les discussions que j'avais avec eux, enrichissaient
sans cesse ma propre perception de la peinture.
Ce qui me conduisait fatalement à accorder plus de place aux lieux
où ils exposaient (L'Atelier, La Joie de Lire, Protée, Terre
d'Ocre) qu'aux galeries qui présentaient des oeuvres que j'estimais
moins intéressantes
et de moins bon niveau.
Ceci dit, je travaillais moi-même sans ostracisme aucun et je regardais
attentivement tout ce qui se faisait, en quelque lieu que ce fût.
Artémoif et Schmidt étaient
des peintres connus et confirmés quand je suis arrivé à Toulouse
en 1955, mais Thon, Igon et Pistre n'étaient guère connus
que des seuls Henry Lhong et Robert Aribaut.
Pour tous les autres, j'ai
assisté leurs premières expositions, j'ai parfois connu leur
peinture chez eux avant qu'ils
l'exposent (parce que nous nous étions rencontrés dans des
vernissages) et je les ai poussés à exposer (Kablat, Pradal,
Erpeldinger...).
J'ai naturellement laissé sur
la touche une foule de peintres, ceux qui constituaient les gros bataillons
du Salon des Occitans et du Salon des M éridionaux...
Mais on ne
saurait oublier les expositions qui nous montraient d'autres artistes que
les Toulousains.
Le Centre Culturel municipal, l'Atelier et Protée
exposaient maints artistes parisiens ou étrangers, et à un
degré moindre
La Joie de Lire, Oeuillet et Chappe-Lautier.
Il faudrait que je revoie
en détail mes archives pour
vous donner des noms. Mais je me souviens de Tapiès, Clavé,
Pelayo, Manessier, Pignon, Lapoujade, Wogensky, Bissière, Debré,
Marfaing, Zao Wou Ki, Schneider, Halpern, Fichet, Guitet, Germain, Rebeyrolle,
etc.
Enfin, à un troisième niveau, il
y avait les expositions organisées par Denis Milhau au Musée
des Augustins. Outre ses grandes rétrospectives
Igon, Pradal et Denax, une exposition notamment a été un événement
de première grandeur pour Toulouse: "Picasso et le théâtre" en
1965.
C'est à cette
occasion que Denis Milhau a obtenu de Picasso le don du grand rideau de
scène peint pour le "Théâtre
du peuple" en 1936, et qui est maintenant aux Abattoirs.
Interview réalisée par
Garance Thouzellier