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Carlos PRADAL

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Carlos Pradal autoportrait

 

CARLOS PRADAL me dit « J'ai beaucoup travaillé, venez voir... ».

J'entre dans son atelier. Au mur, la copie d'un Gréco qu'il fit il y a plusieurs années ; des paysages, des portraits, des natures mortes, anciens pour la plupart ; et un grand « toro » qui sèche. Par terre, posées de champ dans des caisses, des toiles.

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Je ne sais pas, une centaine peut-être. On y trouvera trois fois, cinq fois, dix fois le même sujet. Car il ne corrige jamais, il recommence. Comme au saut en hauteur si c'est raté, ne serait-ce que d'un pouce, il faut repartir du sol, de zéro.
C'est pour lui une évidence qu'il ne cherche pas à comprendre.
Si on l'interroge, il écarte ses longs doigts en éventail, et fait le geste de poser doucement quelque chose sur la toile : il faut que ça y soit... - Du premier coup? - Si vous voulez (Il hésite). C'est un peu ça... ».

Je sais que ce n'est pas tout à fait ça.
Il faut pour lui que cet objet qu'on va nommer tableau soit comme un fruit mûr qui tombe à son moment de plénitude car cette chose est en fait un être vivant, qui se conçoit, se crée, s'accouche et croît - et qui n'a qu'une vie.

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Carlos Pradal - grenade


C'est cet élan sans reprise possible, cette courbe de haut vol, cette unité de l'âme et cette intégrité du corps qu'il veut retrouver sur chaque toile. « Quand je m'effraie de ce combat sans merci, iIl arrive un moment, dit-il, où sur une touche vous jouez tout le tableau ».

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Carlos Pradal - pignacia 1997


Et je sens que c'est là son intuition de la beauté, et je sais pourquoi les maîtres qu'il aime ont nom Vélasquez et Cézanne. Pour aller au-delà, il n'est plus besoin de l'interroger, mais tout bonnement de le regarder vivre.
Comme la mère est toute à l'enfant qu'elle porte - le plus beau du monde, on le sait - il ne vit que pour le tableau qu'il est en train de faire.
Ceux qui sèchent dans son atelier ont déjà épuisé pour lui leur potentiel d'inquiétude et de joie ; à nous désormais de nous nourrir de cette beauté ; lui, le sens de sa vie n'est déjà plus là, mais dans ses toiles futures, les proches et les lointaines.

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Carlos Pradal - Claire


Sincère, passionné, tenace, en quête de cet absolu mouvant que sa condition d'homme condamne à monnayer, et que les démons qui habitent son regard et ses mains poussent à « donner à voir », il n'est pas unique.

Disons simplement qu'il est exemplaire.

Michel ROQUEBERT. (1962, revue art présent)

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Pradal, choux

 

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