« TRENTE
ANS DE MUSIQUE »
Pourquoi vouloir
mettre en cage sur du papier tant de d'oiseaux de musiques, de paroles,
d'images, alors qu'ils sont sans doute partis vers des contrées
plus chaudes ?
Peut-être parce
que la mémoire de tous ces points d'eau nous rattache encore
à la terre originelle, il en est sans doute ainsi avec les
souvenirs des sources qui nous aurons baigné pendant près
de trente ans dans la région toulousaine.
Dans différents
lieux, dans bien des aventures, il y eut pain brisé et partagé
entre vous et nous, entre nous et vous.
Certains s'en souviennent
sans doute encore, aussi remuons ensemble ces braises, peut-être
le feu pourra-t'il repartir haut et fort.
Il ne s'agit pas
vraiment d'une histoire factuelle de la Salle Nougaro ou d'autres
lieux, cela viendra sans doute un jour. Mais le propos de ce livre
est au travers de portraits très subjectifs, des portraits-miroirs
révélant l'univers de l'autre, et le sien par les mots,
les correspondances, de faire revivre un livre d'heures. Non par des
souvenirs englués dans la nostalgie,mais par des tableaux encore
vivants qui puissent parler de ces riches soirées ou expositions.
Des tableaux chronologiques donnent un aperçu unique des concerts
réalisés entre 1975 et 2003 à partir d'archives
personnelles.
D'où vient
et où commence cette histoire ?
C'était à
une époque encore bien enclose sur elle-même, repliée
dans ses jardins secrets interdits aux passants, fussent-ils considérables
! Il fallait la secouer par les épaules en lui faisant don
parfois forcé de musique ou de mots. Cela fut tenté.
Ce n'était
pas un temps d'utopie mais de rêves réalisés,
de paris parfois réussis avec tant de découvertes musicales
pour la Région (Cesaria Evora, l'intégrale des quatuors
de Beethoven, Dianne Reeves, Abbey Lincoln, Vicente Amigo, Kenny Werner,...).
La liste est longue et, dans ce vivier, quelques personnalités
marquantes ont été retenues dans un premier temps et
dans un premier livre.
Pourquoi ceux-là
et pas d'autres ?
Ce sont simplement
les premiers qui se bousculent dans nos mémoires, toute leur
présence est encore suspendue aux rideaux des salles ou des
murs d'exposition. Musiques du monde, chansons, jazz, musique classique,
expositions furent nos combats quotidiens. Vous en retrouvez ici quelques
échos.
Mais par-delà
les mots, les notes, les tableaux, à nous donnés par
quelques voleurs de feu (Lluis Llach, Jacques Bertin, Ionatos, Mahler...),
ce sont toujours des visages, des gestes, des cris parfois, qui restent
suspendus aux cintres, qui palpitent encore sous les projecteurs.
Ce sont des amis
qui réapparaissent le temps d'une « goulée de souvenance
», Certains sont partis, d'autres sont bien loin, la plupart
encore rayonnants mais parfois ailleurs.
C'était à
peine hier et toujours eux. De trente ans d'amitiés en musique
où passent le rire clair du lutin mémorable Xavier Darasse,
et d'autres amis précieux, il reste ces passerelles jetées
vers des artistes afin que vous puissiez aborder à leurs rives.
Ce fut notre journée, notre sel ajouté au temps qui
glisse entre les doigts.
Cent portraits-miroirs
donc sur des musiciens, des écrivains, des poètes, des
peintres, des amis lus un jour ou croisés pour toujours.
Tout est écrit
en voulant rendre moins confuse les paroles prononcées, et
par des correspondances de mots rendrent sensibles et palpables l'univers
approché Cette méthode subjective, plus proche de poèmes
en prose que d'analyses, suppose une forte empathie avec les sujets
traités, aussi seulement quelques-uns sont là présents,
les plus proches. Portraits-miroirs et non articles de présentation,
si la magie opère ils seront là sortis de ces pages.
Acteurs privilégiés
et toujours passionnés de cette histoire, les auteurs ne tendent
pas à laisser forcément témoignages ou preuves,
mais des traces, seulement des traces ardentes, afin de rallumer les
lumières des musiques en partage, de musiques un jour partagées.
A vous qui furent
peut-être des spectateurs à peine entr'aperçus,
ce livre veut vous retrouver d'abord et vous redonner quelques éclats
de ces moments
Comme de longs échos
qui de loin se confondent
Les parfums, les
couleurs et les sons se répondent. (Baudelaire).
Il paraît que
la musique creuse le ciel, il nous plairait qu'elle comble aussi les
hommes.
|