retour au sommaire "Chansons"
retour à l'accueil d'Esprits Nomades

 

Gilles Elbaz

 

elbaz

 

un chant altier

 

 

 

            C'était le temps où une deux chevaux avait le vent aux ailes, et s'envolait aux étoiles, avec Jacques Bertin à bord. Revenant de Sigma ou de la lune, Elbaz traversait les coquelicots et les quatre éléments et il conduisait le vent aux ailes de l'oiseau. C'était vers 1972.

 

         Maintenant que le paradis terrestre se fait plus lointain, Gilles Elbaz chante toujours, il chante ses chansons et l “Histoire de la Chanson” pour les oublieuses mémoires. Des conférences chantées pour des paroles envolées. Il a retrouvé sa Bretagne, il a retrouvé Lorient, et ses yeux sont toujours tournés vers l'Orient.

Militant de la chanson, guerrier de la poésie, il aura été de toutes les aventures de la chanson : ACP en 1983 (ateliers-chansons de Paris"), atelier d'écriture, MJC, SFA, Prospective-chanson et Action-chanson…

 

            Il fait partie avec Brua, Vasca et Bertin, Ruiz, Berthaut, de ces utopistes qui voulurent irriguer les gens avec la haute mer des mots et des fleuves. Les fleuves ont débordé, les hommes se sont sabordés.

Ce n'est que maintenant que l'on voit le désastre avec ses variétés plus bêtes encore que les joyeux pétomanes d'avant la guerre 14-18. Tout cela aura-t-il été vain ?

 

En fait il nous faut tout réapprendre de notre patrimoine, du Temps des Cerises aux derniers textes de ceux qui chantent encore droit et juste.



elbaz

 

                   Gilles Elbaz aura chanté les autres, surtout Giani Esposito et un peu Brassens. L'univers mystique de Giani lui était en quelque sorte un peu sa langue natale. Car contrairement à ses amis, Elbaz considère la chanson comme devant être alourdi à raz bord de poésie. Il refuse la fluidité et l'ancrage dans la mémoire par des mots essentiels et simples. Dans le jazz il va instinctivement vers John Coltrane et sa soif d'absolu et de religion, et non pas vers le charnel du jazz.

 

                   Gilles Elbaz prophétise dans ses mots et le poids du vent, de l'arbre primordial, de la terre et du feu modèlent ses mots. Épris de recherches musicales (Magma, Siegfried Kessler, le jazz contemporain,...) il considère que "les mots sont de la musique. c'est à l'auditeur de se hisser au niveau de compréhension. Cela aura marginalisé Gilles Elbaz plus proche de Saint-John Perse que de Cadou.

Mais en fait c'est Cadou qui aura toujours raison. La concession de la simplicité altère-t-elle le chant magique ?

 

                 Gilles Elbaz se range du côté des obscurs et si sa religion est celle de l'amour des oiseaux, la cage corsetée des mots aura freiné des envols. Il n'a pas l'art du saltimbanque, mais celui du prêcheur. Prêcheur d'espérance et du long message de la vie, Elbaz veut nommer le monde, et non seulement le chanter.

Dur à passer parfois ses textes qui sont "de grands vents qui tourbillonnent", semblent rester verrouillés de l'intérieur.



elbaz

 

                         Pourtant il aurait suffi d'écouter le vent sous la porte et le suivre. La belle voix de Gilles Elbaz monte par-dessus cet amour fou et trop exigeant de la poésie incantatoire, et quand elle oublie toutes les sagesses accumulées, elle nous rejoint, par-dessus les désespoirs. Elle tiendra enfin dans la main de la mélancolie facile, elle parlera. Comme dans cette chanson qui ne m'aura jamais quitté "le vent aux ailes".

 

       L'immense travail de collecte et de résurrection du patrimoine des chansons est la suite logique de sa fraternité à fleur de peau.

 

            Elbaz reste celui qui ouvre ses oreilles aux maux et aux mots.

 

elbaz

 

 

 


LE VENT AUX AILES

 

Laissez donc s'ouvrir votre oreille à mes mots,

ma religion est celle de l'amour de l'oiseau,

et du vent aux ailes de l'oiseau

le vent aux ailes...

 

lorsque mon œil s'ouvre si grand qu'il devient une soucoupe

et que le monde qui se déroule autour de moi

se mêle au monde qui s'agite en moi

et que le rêve l'emporte toujours sur la raison,

l'amour s'évase et me soulève jusqu'aux étoiles

le vent aux ailes...

 

Et lorsque se brise la lumière à mon œil d'une larme,

il me semble entrevoir tes mille soleils

si souvent cités et que mon coeur espère

aux vertèbres du vent j'accroche mes doigts maigres et noirs

dans un rêve de maîtrise de l'air e t de cadence éolienne

et mes doigts deviennent les cordes de sa musique

le vent aux ailes...

O je voudrais vous dire le poème des poèmes,

inventer pour vous qui me ressemblez un chant magique

et rendre à l'homme sa plus belle et plus pure invention

l'amour et le respect de lui-même, l'amour et le respect de lui-même

le vent aux ailes...
 

Laissez donc s'ouvrir votre oreille à mes mots,

ma religion est celle de l'amour de l'oiseau,

et du vent aux ailes de l'oiseau

et du vent aux ailes de l'oiseau...

le vent aux ailes...

 

Les oiseaux de mon enfance,

Ne me reconnaîtront pas.

Si un jour je les revois,

Mes ailes n'auront plus l'aisance,

Mon aisance d'autrefois,

Celle qui faisait mon enfance,

Quand je courais dans les bois,

Ou bien que je jouais en silence,

Les oiseaux de mon enfance,

Alors ne me connaissaient pas…

 

Les renards de mon enfance,

Je les ai perdus de vue.

Ils égarent mes absences

Et mes rêves d'enfant nu...

 

Le chapeau de mon enfance,

S'envole et poursuit le vent,

Je n'ai guère de romance

À chanter avec le temps...


 

Discographie sommaire :

 

1979 “PARADIS TERRESTRE”

 

1985 Coffret “INTEGRALE DISCOGRAPHIQUE 1970/1980”

 

1992 Réédition en C.D. “LE VENT AUX AILES”

 

1996 “ICI, Ballades, Sonnets, Sonnailles et Autres Villanelles…”

 

1999 Réédition en 1 C.D. “LE REFLET DANS LA VITRE” & “RUE DES ENVIERGES

 


 

retour au sommaire "Chansons"
retour à l'accueil d'Esprits Nomades


adresse du site : http://www.espritsnomades.com

Toute reproduction de ce site est interdite sans autorisation expresse de l'association Esprits Nomades

- Mise à jour : 6 Juin 2007 - En cas de problèmes de consultation, contactez le Webmestre