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retour à l'accueil d'Esprits NomadesJOZSEF Attila : poèmes
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Maman
Huit jours déjà que je ne pense qu’à maman,
tout le temps, en m’arrêtant,
son panier grinçant dans les bras,
elle montait au grenier, montait de vifs pas, décidés.A l’époque, l’homme sincère qui j’étais,
je hurlais, je tapais du pied
qu’elle laisse le linge lavé à d’autres,
qu’elle me prenne moi dans ses bras et, au grenier, qu’elle me monte.Impassible, en silence, elle allait tendre,
sans me gronder ni m’adresser un regard
et le linge éclatant, en fendant l’air,
voltigeait, s’en volait vers le ciel.Je ne pleurnicherais plus mais c’est trop tard,
désormais, je vois comme elle est grande –
ses cheveux gris frôlent le ciel haut,
ainsi diluent-ils du bleu dans son eau.* * *
Etre honnête, à quoi bon ? Ils me crèveront de toute façon !
Ne pas être honnête, à quoi bon ? Ils me crèveront de toute façon !* * *
Enfant, tu m’as rendu
Enfant, tu m’as rendu. La peine a eu beau
me grandir durant trente hivers glacials.
Je ne sais pas marcher, tranquille, je ne peux pas rester assis.
Vers toi, mes membres me poussent, me tirent.Je te tiens entre mes dents, la chienne son chiot
et je m’enfuirais pour éviter qu’ils me nouent la gorge.
Les années qui ont brisé mon sort,
sont déversées sur moi par chaque seconde.Nourris-moi, regarde – j’ai faim. Couvre-moi – j’ai froid.
Je suis stupide – instruis-moi.
Ton absence me traverse, comme courant d’air la maison.
Dis - que la peur m’abandonne.Tu m’as regardé et j’ai tout oublié.
Tu m’as écouté et ma parole s’est coupée.
Fais que je ne sois plus aussi intraitable ;
que je sache vivre, mourir, seul capable !Ma mère m’a chassé – je couchais sur le seuil –
je me serais empeloté mais impossible –
en dessous du rocher et en dessus du vide.
Oh, envie de dormir ! Je viens frapper à ta fenêtre.Nombreux vivent insensibles, autant que moi,
de leurs yeux, quand même, des larmes s’écoulent .
Je t’aime très fort, puisque même moi,
j’ai appris à m’aimer beaucoup avec toi.* * *
Ils étaient nombreux, ils m’encerclaient,
dans mon rêve, ils se moquaient :
« Ha ha, c’est lui qui a l’or
qui dort ? »* * *
J’ai posé mon âme dans ma paume :
regarde, quel beau caléidoscope !
Mais Lui, il a sorti des diamants !
parce que Lui, il ne peut nous comprendre.* * *
Je serai jardinier
Je serai jardinier, de beaux arbres, j’en planterai.
Avec le soleil, je me lèverai.
Je ne me ferai aucun souci
que de mes fleurs à entretenir.Toutes mes fleurs soigneusement greffées
deviendront mes bien-aimées.
Tant pis, si elles seront des orties,
elles seront mes fleurs authentiques.Je boirai du lait et je fumerai,
de ma renommée, je m’en préoccuperai,
je ne me mettrai pas en danger,
je me serai déjà planté.Il nous en faut, oh, et comment,
à l’ouest et au soleil levant –
s’il doit mourir ce monde,
qu’il ait des fleurs à sa tombe.***
Mystères
Au son des mots mystérieux,
je monte la garde des contes vieux.
Tu m'as vêtu de la tête aux pieds
de lourde prison de fidélité.
La brise le dit, l'eau le dit,
si tu les comprends, tu rougis.
Les yeux le disent, le coeur le dit,
par leur requête ils te prient.
J'écris mes rimes à mon tour,
elles te chantent mon amour.
Alors, rends-moi donc plus légère
cette lourde prison de fidélité.
Traductions du hongrois par Margit Molnar
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