Sapho

Le jardin andalou du désir et de la tolérance

 

sapho

 

De Marrakech au désert, des influences de la musique judéo-andalouse, aux goûts sucrés et salés à la fois de la cuisine marocaine, Sapho revient aux musiques du monde, non pas cette soupe universelle, mais celle qui a la force et la fraîcheur des figues de Barbarie.
Le Jardin andalou entrouvre sa porte qui chancelle de parfums et vertiges de la Méditerranée, des terres intérieures, et des montagnes de l'Atlas.
Et l'Atlas porte le monde ! Sapho, elle, le chante.
« À quoi bon la venue, à quoi bon le départ ? Où donc est la chaîne de la trame de notre vie ! Que de corps délicats le monde brise… Où donc est partie leur fumée ? » Omar Khayam

Sapho, pour retenir la fumée des âmes, la brisure des mémoires, dresse l'oasis du « Jardin Andalou ». Et dans les arabesques du chant d'enfance retrouvé, tous les sortilèges de Marrakech reprennent leur grandeur nature et vont se mêler au lancinant violon arabe, à la déchirure de la guitare flamenca.


Jardin andalou, jardin secret, grenier d'enfance, patio entre chaleur et jeu d'eau, Sapho fait de son spectacle une invitation au voyage intérieur. Cet "opéra intime", ce chemin d'une vie entre Orient et Occident, entre monde juif et monde arabe se cristallise un soir de rose des sables sur une scène où Sapho convoque tous les vents qui la poussent.


Et hissant sa voilette noire, elle appareille vers Oum Kalsoum, les chants séfarades, la flamme andalouse tordue comme un olivier, les cornes de gazelle et la pure joie du bleu du ciel si proche de la blessure et du désert.Musiques du désir et joies répandues en partage, Sapho la généreuse, la combattante allume des feux sonores pour abolir haine et ignorance. Sa bonté en parure elle va chanter à Bagdad en proclamant sa judéité, ou crée de toutes pièces un magnifique orchestre palestinien, l’orchestre de Nazareth.

Elle s'est battue pour monter cet orchestre emblématique et symbolique où palestiniens et israéliens jouèrent ensemble.

Elle la juive marocaine née Danielle Ebguy le 10 janvier 1950 à Marrakech rêve encore et toujours de tolérance et d’âge d’or andalou. Même si la véritable condition de sjuifs en ce temps de légende était d’être des citoyens de seconde zone, des roumis. Mais la légende est belle et généreuse, acceptons la et refaisons du monde une nouvelle Andalousie.

sapho

Elle ne veut croire que dans la fraternité, et Shéhérazade autant que Judith sont ses sœurs de lait et de miel.


Écho d'un âge d'or, de tolérance et de fraternité, ce Jardin andalou est une ligne de vie contre la barbarie. Dans ses livres, ses rôles de comédiennes, ses disques, il s'agit toujours pour Sapho de la même « Traversée du désir ».
Mais maintenant, aussi bien dans son dernier roman poétique « Patio, opéra intime » que dans son spectacle « Le Jardin andalou » ou encore « Orient », Sapho s'approche au plus près de cette autre vie réconciliée avec son enfance. Notre ex-rockeuse redevient la jeune fille juive marocaine entre palmeraies et désert, entre tambours gnawas et échos lointains des guitares andalouses.

 

Ce rêve de cette Cordoue médiévale, véritable Jérusalem des amitiés, se retrouve dans l'entrelacs du violon arabe et de la guitare flamenca.
Chaud, enfin un monde chaud, fait de thés à la menthe brûlants et de nouvelles chansons s'envolant vers le soleil.
Sapho est une chanteuse sensuelle, singulière, une sœur-amazone éprise de la rosée de la musique arabo-andalouse. Excessive et baroque, femme fatale et femme-enfant, Sapho est une fête, une sincérité brûlante dans de délicieux artifices.
Le jardin andalou vous attend, il est exubérant comme la fée nomade qui l'habite et qui derrière son éventail et sa voilette fait se lever les fontaines flamboyantes du souvenir, du désir, de sons métissés.

 

Aux jours et aux gens qui ne sont pas encore, et qui sont passés, « le Jardin Andalou » de Sapho apporte l'eau des oueds, et le vent du désert.

 

Gil Pressnitzer


 

 

sapho

 

Discographie

 

Universelle (2008)

Sapho chante Léo Ferré/Ferré Flamenco (2006)

Orients (2003)

Sapho Live (1999)

La Route nue des hirondelles (1999)

Digital Sheikha (1997)

Jardin andalou (1996)

El Atlal/Sapho chante Oum Kalsoum (1995)- Gorgone Productions

La Traversée du désir (1991)- Gorgone Productions

El Sol y la Luna (1987)

Sapho Live au Bataclan (1986)

Passions, passons (1985)

Barbarie (1984)

 

 

Bibliographie

 

Guerre, Words y Plato, poèmes, La Différence, 2009.

Le Livre des quatorze semaines, poèmes, La Différence, 2004.

Un très proche Orient, manifeste, Joëlle Losfeld, 2001.

Beaucoup autour de rien, roman, Calmann-Lévy, 1999.

Un mensonge, roman, Balland, 1996.

Patio, opéra intime, roman, Stock, 1995.


 

sapho

 

 

haut de la page

 

Date de mise à jour : 28/10/2007